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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 15:52

Dans sa nouvelle rubrique Histoire de Presses La Belle Estampe a le plaisir de vous communiquer un extrait d’entretiens entre Robert Frélaut et Paul Fréour, avec l’aimable autorisation de l’auteur, sous la forme d’un "feuilleton".  

 

CCFr-our n- 21 page 5

 

L' "Equipe des trois" fondée dans les années 1990, une équipe de "jeunes" travailleurs qui offraient l'association inattendue de compétences rares et spécifiques pour chacun de ses membres.

Robert Frélaut, fils de Jean, peintre très connu, ancien directeur de l'Atelier de Gravure Frélaut-Lacourière, rue Foyatier à Montmartre. Sur la photo à gauche. En retraite, il a fondé à Bordeaux La Belle Estampe, 8bis rue Maucoudinat. L'atelier qui s'est déplacé en janvier 2012 au 147bis rue du Palais Gallien et où a été installée la Presse du Docteur Fréour.

Paul Fréour, à droite sur la photo, avait alors mis à la disposition de l'Équipe des trois, son atelier de menuiserie, une salle de gravure avec sa presse qui tire le Grand-Aigle, et un atelier de peinture.  

 

Au centre André Laporterie, malheureusement décédé en 1999, était au moment de sa fondation le plus "jeune " de l'Équipe, frôlant les 70 ans, il était un travailleur infatigable!

 

  

                           Un Taille-doucier parle de la gravure

                                                        Entretien avec Robert Frélaut

  

 

 

- 400 kg ?

- Oui, approximativement 400 kg au cm2.

- C’est énorme ! Vous exagérez Robert Frélaut ? Cela vaut pour vos presses monumentales de l’atelier Frélaut-Lacourière, en haut du Funiculaire et sous le regard du Sacré-Cœur de Paris !

- Non, c’est une pression normale. La pression c’est très important : c’est d’elle que dépend la qualité du trait reproduit sur le papier.

- Tout dépend aussi de la qualité du papier : une clarté, une lumière parfaite ou au contraire un grisé imparfait et sur cet autre papier, la pression intervient aussi : la perfection du blanc se perd si la pression est trop faible ou trop forte. Il faut également quelquefois équilibrer différemment la pression sur le côté droit et le côté gauche du rouleau de la presse en fonction du cuivre, en fonction de l’effet que l'on veut obtenir.

- Ce qui me paraît le plus difficile, c’est « l’essuye » ! Chaval un ami d’autrefois qui a fait tant de dessins, tant de films, faisait aussi de la gravure… Il n’a jamais été capable de faire « l’essuye » de façon correcte !

- C’est que l’essuye est en effet presque un art à part entière, car il y faut un sens du toucher puisque c’est la main qui va finir d’essuyer la plaque de cuivre sans vider les tailles et en même temps le coup d’œil qui va guider la main pour que toute la plaque soit essuyée d’une façon régulière et complète tout en restant capable de décider, dans le coup d’œil, que tel point sera essuyé un peu moins pour laisser  un certain  grisé et tout près de là un peu plus, pour faire apparaître une lumière comme on en voit à l’horizon dans les paysages du couchant.

- L’essuye commence avec une tarlatane qui enlève le plus gros de l'encre répandue sur la plaque, elle peut se poursuivre par une essuye au papier de soie pour dégraisser l’ensemble, puis on passe à la main : la main droite posée à plat,  extrêmement souple tandis  que la main gauche tient le cuivre et le fait tourner lentement pour que l’essuye se fasse de façon excentrique comme les rayons d’une roue. Puis vient le travail de l’éminence Hypo Thénar comme disent les anatomistes : il faut alors toute la délicatesse, la subtilité du coup d’œil pour voir si le cuivre est bien venu à la nudité que l’on souhaite ou si au contraire on veut laisser un léger voile…

- Moi,  depuis que je fais les tirages sous la protection du Sacré Cœur de Montmartre et devant la perspective de Paris étalé à mes pieds, - mais non Robert Frélaut n’a jamais dit ça, j’invente - mais Robert Frélaut  a dit : j’ai toujours cherché à faire d’abord un tirage honnête, c’est à dire sans aucun effet, en essuyant au maximum, en laissant le fond absolument blanc et homogène, laissant les « effets » aux équilibristes, aux zouaves, aux faiseurs. Mais si la plaque de cuivre l’appelle, si l’artiste qui l'a gravée le demande, rien n’empêche de faire des effets.

- Qu'appelez-vous des effets ?

- Eh bien, de faire apparaître tout d’un coup une clarté splendide au-dessus de l’horizon sous des nuages légèrement gris : on tue ainsi la monotonie des gris pour faire apparaître une lumière.

- J’ai toujours rêvé de la gravure comme d’un chant entre le blanc et le noir, d’un chant entre la lumière et les ténèbres.

- Comme un chant d’amour !

- Oui.

 

  A suivre

 

Source : Avec l'autorisation de Mme Odile Sapène, sa fille, extrait du Bulletin des Correspondants n° 21 du 24 mai 2002, Mensuel fondé en juillet 2000 par Paul Fréour, Docteur en Médecine, Pneumo-phtisiologue, ancien élève du Pr. F. Piéchaud

 

 

 

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